Mise en culture du langage

Le projet MISE EN CULTURE DU LANGAGE a pour objectif de créer un laboratoire « vivant » pour tester la résistance d’une langue à divers processus d’hybridations générés par ordinateur. Les recherches sont orientées sur la transformation physique de la lettre et l’altération du sens. Elles sont présentées sous forme d’une installation comprenant : vidéos, textes, dessins, éditions, pièces sonores.
Au-delà de l’aspect scientifique et de sa recherche fondamentale, le projet a pour but de mobiliser dans l’art une technologie et certains outils jusque-là réservés aux seuls laboratoires, ou à l’industrie.
Le langage est utilisé comme une matière première, qui, passé dans un transformateur, devient une tout autre matière. Je mets donc en place des procédures capables de révéler et synthétiser ce phénomène de mutation.
A travers un laboratoire « in vivo », j’étudie des phénomènes biologiques appliqués au langage, j’intègre et expérimente des logiciels de traduction automatique et de dictée vocale, j’observe, analyse et mesure les usages de ces logiciels appliqués au langage dans l’unique but de mettre en avant les mutations, les bugs ou « lapsus informatiques ».

I - Approche graphique – une évolution synthétique
Techniques de culture du langage sur milieu liquide.
26 animations de 2min11 chacune.

Abécédaire - Génération 0

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Abécédaire - Génération 500

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Système d’écriture issue d’une simulation de développement cellulaire appliqué à l’alphabet.
Chaque lettre de l’alphabet est tour à tour soumise à une simulation de développement cellulaire. Application du logiciel Life-Lab qui étudie des phénomènes biologiques au moyen de simulations informatiques.

II - Approche sémantique - Contrainte de traduction (1).
Technique de culture du langage sur milieu solide.

Une phrase en français a été traduite en anglais par un logiciel de traduction automatique libre (Yahoo traduction). Ce nouvel énoncé est à son tour traduit en français, le nouvel énoncé en allemand, et ainsi de suite.Chaque phrase telle qu’elle est sortie du traducteur a été réutilisée pour produire la suivante : cela répété des centaines de fois pour obtenir ce présent ouvrage de 268 pages (soit 268 phrases). Le logiciel a été utilisé dans les conditions normales et n’a subi aucune transformation de quelque nature que ce soit.

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Avant d’admettre l’absurde, on épuise toutes les solutions.
Edition, 268 pages + couverture
120 x 190 mm
Novembre 2008

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Insert de l’édition : Avant d’admettre l’absurde, on épuise toutes les solutions.

III - Approche sémantique - Contrainte de traduction (2).
Techniques de culture du langage sur milieu solide

Un texte de Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte est écrit par un logiciel de dictée vocale ou reconnaissance automatique de la parole.(Remarque : La reconnaissance vocale ou reconnaissance automatique de la parole, est une technologie informatique qui permet d’analyser un mot ou une phrase captée au moyen d’un microphone pour transcrire sous la forme d’un texte exploitable par une machine. La reconnaissance vocale peut se rattacher à de nombreux pans de la science : traitements automatiques des langues, linguistique, théorie des langages formels, théorie de l’information…)Jorge Luis Borges publia en 1947, dans la revue Sur, un récit : « Pierre Ménard, auteur du Quichotte ». Il y décrit le destin littéraire d’un romancier qui recopie mot à mot et ligne à ligne le livre de Cervantès. Comparant le Quichotte de Ménard à celui de Cervantès, Borges prend pour exemple la phrase de ce dernier : « […] la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, […] » Borges constate : « Rédigée au XVIIe siècle par le « génie ignorant » Cervantès, cette énumération est un pur éloge rhétorique de l’histoire. Ménard écrit en revanche : « […] la vérité, dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, […] » L’histoire, mère de la vérité ; l’idée est stupéfiante. Ménard, contemporain de Williams James, ne définit pas l’histoire comme une recherche de la vérité, mais comme son origine. […] Le contraste entre les deux styles est également vif. Le style archaïsant de Ménard – tout compte fait étranger – pêche par quelque affectation. Il n’en est pas de même pour son précurseur, qui manie avec aisance l’espagnol courant de son époque. » La parabole, l’”effet Ménard”, permet ainsi à Borges de montrer qu’il existe une sorte de morale déceptive, qui ferait qu’un « beau style » ne pourrait à la fois être et avoir été.

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Pierre Ménard, auteur de quiète.
Edition, 20 pages + couverture
108 x 177 mm
Novembre 2008


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